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19 élèves de terminale à Cracovie et Auschwitz
voyage en Pologne 2017

Jeudi 02 février

Rendez-vous était donné à 11h30 à l’aéroport. Les élèves comme leurs professeurs étaient à l’heure, et nous avons pu déjeuner sur le pouce avant de passer tous les contrôles. Certains n’avaient jamais pris l’avion, et ressentaient une certaine angoisse ; d’autres essayaient de les dérider afin de calmer leur peur !

Salle d’embarquement : l’avion est visible à l’extérieur, et plusieurs élèves s’inquiètent de la petite taille de celui-ci ! On embarque enfin, nous ne sommes, bien sûr, pas tous côte à côte, mais relativement proches les uns des autres quand même. Et ça y est, décollage ! Moins de 2 heures plus tard, nous atterrissons à Cracovie. Personne ne semble nous attendre… après une recherche infructueuse dans le hall d’arrivée, nous appelons notre correspondante en Pologne, qui à son tour appelle le chauffeur de car, qui vient nous chercher: il attendait à l’extérieur !

En route pour l’hôtel Deco. Nous y déposons nos bagages, nous faisons la répartition des chambres et dortoirs, et nous ressortons faire un tour dans le centre historique, à 20 mn à pied de là. La vieille ville est un intéressant mélange d’architecture gothique, renaissance et baroque ; nous faisons le tour de la place du marché, nous traversons la halle aux draps et ses échoppes de souvenirs, nous changeons nos euros pour des zlotys, et nous retournons à l’hôtel pour le dîner…

 


Vendredi 03 février

Le petit-déjeuner étant servi à partir de 8h, nous avions le temps de nous lever et nous préparer tranquillement… Or, à 6h, des bruits de cavalcades dans les escaliers, des interpellations à voix haute (et en français…) réveillent plusieurs d’entre nous ! D’autres élèves, des collégiens semble-t-il, s’apprêtent à partir à l’aéroport, et pensent être les seuls occupants de l’hôtel ! Il a fallu demander le calme plus d’une fois, aux élèves et à leur accompagnateurs… pas très sympa ce style de réveil !

À 8h45 tout le monde est prêt, dans le hall de l’hôtel. Notre guide, Natalia, vient nous chercher et nous emmène jusqu’à un arrêt de tram, que nous prenons direction Kazimierz, l’ancien quartier juif de Cracovie, au sud de la Vieille ville. La légende veut que le roi Kazimierz le grand, follement amoureux d’une Juive dénommée Esther, soit à l’origine de la ville. Nous visitons la Vieille synagogue, la plus ancienne synagogue de Cracovie (Renaissance) et musée du judaïsme, la Synagogue Izaak, où nous voyons pour la première fois des juifs  hassidiques, ce qui suscite de nombreuses questions de la part des élèves, la Synagogue et cimetière Remu’h, cimetière du 15e siècle et mur des lamentations, nous parcourons les rues et admirons au passage la maison natale d’Helena Rubinstein ou les anciens abattoirs rituels, bientôt transformés en restaurant…

À midi, direction le restaurant où un repas chaud nous attend. Un plus : la patronne parle français ! Sur les murs, une décoration surprenante : les convives peuvent laisser un  message. Nous ne nous privons pas de le faire ! Donc, si un jour vous passez par là, vous aurez l’occasion de voir « souvenir du lycée Casanova, Givors, février 2017 » écrit sur un mur !

L’après-midi nous continuons notre visite, cette fois de la Cracovie chrétienne et légendaire. Nous commençons par Wawel, le château royal, sa cathédrale, ses cours et donjons ; c’est un véritable château de conte de fées avec sa tanière de dragon au pied des remparts ;  Natalia nous en raconte la légende…


La légende commence ainsi : un roi habite le château. Et sous le château, dans une grotte au bord du fleuve, vit un dragon. Un vrai problème de voisinage… Les habitants de la ville, les femmes, les hommes, les enfants, ont peur... D’autant plus que ce dragon, comme bien souvent, a une prédilection pour les jeunes filles !

Pour le roi Krak les problèmes s’accumulent. En plus du dragon, le roi doit marier sa fille. Une fille à marier et un dragon. Un dragon et une fille à marier. Après avoir retourné le problème dans tous les sens et avoir exclu de marier sa fille au dragon, le roi eut une idée brillante.

Les fonctionnaires placardent bientôt la ville avec la proposition royale suivante : Qui tuera le dragon épousera la princesse !

Les chevaliers, les magiciens et les hommes forts du royaume accourent à Cracovie. D’abord pour voir la princesse qu’on dit mignonne et ensuite, pour forcer le destin en triomphant du dragon. À tour de rôle, les prétendants affrontent le monstre. Sur leur cheval ou à pied, une épée, une lance ou un arc à la main. Le dragon envoie les courageux rejoindre leurs ancêtres.

Arrive alors un cordonnier du coin qui lui assure pouvoir le débarrasser du dragon. Le roi n’a rien à perdre et laisse faire le jeune garçon.

Alors que le dragon dort fermement, le paysan dépose devant la grotte un mouton ou plutôt du soufre dans une peau de mouton.

Le dragon se réveille et considère le mouton avec appétit ; ni une ni deux, il se rapproche et engloutit l’animal. Aussitôt après, sous l’effet du souffre, il est pris d’une soif inextinguible. Une soif incroyable et tenace. Le dragon se rapproche du fleuve et boit. Le fleuve se vide peu à peu. Le dragon gonfle mais il continue à boire incapable de réprimer sa soif. Et bien sûr, la peau tendue cède et le dragon explose en petit morceaux.

Le dragon est mort. Le roi heureux. La princesse se prépare à accueillir le héros. La nouvelle se répand en ville. La foule converge vers le château. La fête commence et n’en finit plus !

 sources: Wikipedia et vanupied.com


Nous continuons notre balade cracovienne par la voie royale : la rue Florianska, par laquelle les rois rejoignaient le château de Wawel. Nous faisons une halte à l’université Jagellonne, la plus vieille d’Europe centrale,  où des automates, plusieurs fois par jour, sortent  raconter en musique l’histoire de sa fondation, et notamment l’histoire d’Hedwige, fille de Louis 1er de Hongrie, couronnée "roi" de Pologne, qui sauva cette université de son déclin en engageant tous ses bijoux dans l’entreprise… Natalia nous raconte aussi qu’en 1939, les Allemands arrêtent une partie de l'élite intellectuelle polonaise. À l'université de Cracovie, à la demande du chef la Gestapo, le recteur convoque les professeurs, lesquels sont arrêtés et déportés à Sachsenhausen.

Petit moment ludique avant de sortir : il y a une fontaine réputée pour apporter l’intelligence à ceux qui mettent la main dans la bouche du personnage représenté… On ne pouvait pas laisser passer une telle occasion !

Et pour finir, bataille de boules de neige !

On continue notre chemin, et après être passé devant différentes églises de différents siècles, avoir entendu d’autres légendes, comme celle de la dame en noir qui hante certains lieux, nous arrivons à la fameuse basilique Sainte Marie et sa construction (légendaire encore une fois) fratricide.


Au départ, il y avait une église en bois, remplacé vers 1220 par une église romane. La place du marché n’existait pas encore. Un cimetière entourait l’église. Les Mongols déferlent sur Cracovie vers 1250. Ils mettront en pièces l’édifice et donneront naissance à la tradition du hejnal : un guetteur, sur l’une des tours de l’église, aurait prévenu les gardes à temps pour épargner le roi, mais une flèche mongole lui aurait transpercé la gorge. De cet événement naîtra plusieurs siècles plus tard la tradition de l’air joué chaque heure depuis la plus haute tour de l’église. On a reconstruit l’église en style gothique, le roi a sa cathédrale au château, les riches bourgeois ont leur basilique sur la place du marché. Mais pourquoi les deux tours n’ont-elles pas la même taille ? La légende dit que deux frères auraient rivalisé pour leur construction. Au début, la construction se déroulait aussi bien sur la tour nord que sur la tour sud. Puis l’ainé pris de l’avance et son jeune frère ne put le supporter. Alors il le tua. Bien sûr, le tueur mourut à son tour d’un accident dans une version et d’un suicide suite à ses remords persistants dans une deuxième.

 sources: Wikipedia et vanupied.com

 

L’intérieur est tout simplement somptueux… Les couleurs, les ors, les bleus, les rouges donnent un aperçu du style  gothique, mais cela ne s’arrête pas à ça, on trouve également dans cette basilique le plus grand retable gothique en bois d'Europe: il est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture du bas Moyen Âge. Il comporte 12 tableaux en bas-relief, représentant des scènes de la vie de la Vierge Marie et du Christ.

 

Nous poursuivons par la place du marché de Cracovie, ou Rynek, que nous avions vue la veille, puis nous empruntons la rue qui mène à la porte Florian, ou Brama Florianska, la seule restante des 8 portes existantes au Moyen Age. Elle existe depuis 1307. Elle est surplombée d’une tour de 34,5 mètres de haut. De l’autre côté se trouve la barbacane, un ouvrage de fortification avancé qui protégeait un passage, une porte ou poterne… Ici, elle permettait de filtrer ceux qui voulaient entrer dans Cracovie, et était reliée à la ville par un souterrain.

Et puis temps libre ! À proximité se trouve un centre commercial, ce qui permet de rester au chaud tout en faisant du shopping !

Retour à l’hôtel pour le dîner…

 

 

Samedi 04 février

Ce jour est celui où nous nous rendons à Auschwitz-Birkenau. Nous partons dès 8h, chaudement habillés en prévision de la longue journée à l’extérieur qui nous attend. Beaucoup se posent des questions, se demandant avec appréhension comment ils vont réagir à ce que nous allons voir… Nous arrivons peu après 9h devant le camp d’Auschwitz, et faisons la connaissance de Marta, qui sera notre guide pour la journée. Nous sommes équipés de casques, afin d’entendre Marta même à distance, et ne pas troubler les lieux par des explications données à voix haute, d’autant plus que les groupes de visiteurs sont nombreux.

 

Tout d’abord, nous nous arrêtons devant le tristement célèbre portail d’entrée et son inscription « Arbeit macht frei », le travail rend libre… Marta nous explique qu’aussitôt après cette entrée, les nazis faisaient jouer un orchestre de prisonniers à chaque arrivée de convois. Il fait froid, les allées sont boueuses, et cela contribue à nous permettre de mieux appréhender les conditions de vie des prisonniers… Nous visitons plusieurs blocs, transformés en salles d’exposition pour expliquer les différentes formes de tortures infligées aux déportés avant leur mort : le block « extermination », où des photos nous montrent la sélection, le bloc « preuves matérielles des crimes », où nous sommes impressionnés par les vitrines qui exposent chaussures, valises, et surtout cheveux, dont les nazis faisaient des tissus. Nous voyons aussi une maquette des chambres à gaz de Birkenau, car il faut savoir que les nazis les ont fait sauter avant de partir, et qu’il n’en reste que des ruines. Derrière une autre vitrine s’entassent des boites de Zyklon B, le gaz employés pour exterminer à grande échelle. D’autres blocs nous montrent les dortoirs, les vêtements portés par les détenus, une reconstitution des repas qu’ils prenaient. Les geôles minuscules où on les enfermait pour les punir davantage, ou pour expérimenter d’autres formes de morts, par famine, par manque d’air... Des photos de déporté à leur arrivée au camp, avec la date de naissance, la date d’arrivée et la date de mort nous font prendre conscience du peu d’espérance de survie qu’ils avaient… Marta nous parle du sort réservé aux quelques enfants qui n’étaient pas gazés à leur arrivée… Nous arrivons devant le mur des fusillés, où des fleurs et des bougies témoignent qu’aujourd’hui encore, on n’a rien oublié. Une de nos élèves demande s’il est possible d’allumer, nous aussi, une bougie, Comme nous en avions apporté 2, nous lui laissons le soin d’en allumer une et de la déposer. Un moment émouvant pour tous.

 

Dans le bloc « français », nous pouvons voir une exposition permanente intéressante à plus d’un titre : elle fait suite à notre visite d’Izieu, puisque nous retrouvons la trace des enfants, dont le petit Georgy, qui nous avait tant marqués. C’est ici qu’ils ont fini leur courte existence…

Le dernier bâtiment visité dans ce camp est la chambre à gaz et son four crématoire. C’était le premier, celui qui a servi à expérimenter le "procédé" le plus efficace.

 

Nous faisons une pause déjeuner avant de nous rendre au camp d’Auschwitz 2, c’est-à-dire Birkenau, où la solution finale était pratiquée de manière industrielle…

 

L’entrée est connue, avec ses rails qui passent sous le porche, afin d’emmener plus vite les déportés vers leur tragique destin. Nous commençons par le bâtiment des latrines. Plusieurs dizaines de trous creusés à même le béton, côte à côte et en quinconce. Aucune intimité… Les prisonniers avaient le droit de s’y rendre deux fois par jour… Ils en profitaient pour échanger des informations, des nouvelles, voire de menus objets…

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le monument international à la mémoire des victimes, situé entre les fours crématoires II et III, gigantesque sculpture qui évoque la cheminée d’un four crématoire, au pied duquel 21 dalles sont disposées: elles comportent toutes un même texte, traduit dans différents langues. Nous allumons notre 2ème bougie devant celle avec le texte en français…

 

Nous continuons, sur un sol enneigé, notre visite : les 1ères chambres à gaz (détruites elles aussi) qui étaient dans des granges aux portes et fenêtres calfeutrées, le « Canada » où les effets des prisonniers étaient récupérés, triés et réutilisés… à la fin du parcours, des photos retrouvées (car cachées par les détenus chargés de ce tri) témoignent des jours anciens et heureux d’avant la déportation… Une exposition très émouvante… Nous terminons par un bâtiment de femmes, avec les châlits sur 3 niveaux, sans moyen de se chauffer, et où s’entassaient environ 400 personnes… le froid est de plus en plus vif, nous nous demandons comment ils pouvaient supporter ces conditions extrêmes…

 

Nous remontons dans le car pour rentrer à Cracovie, tous très émus et silencieux…

 

Après un peu de repos à l’hôtel, nous repartons en tramway pour notre dîner-spectacle de musique Klezmer. Cela nous fait du bien de retourner parmi les vivants, et d’entendre cette musique typique des juifs d’Europe de l’Est, qui sait être à la fois enjouée et mélancolique !

 

 

Dimanche 05 février

C’est notre dernier jour à Cracovie, et le matin nous nous rendons dans l’ancien ghetto juif, créé par les nazis à partir de mars 1941, loin du quartier juif, de l’autre côté de la Vistule. À cet effet, ils ont vidé un quartier de la quasi-totalité de ses habitants non juifs. Sur la place Zdody, où nous commençons la visite, les nazis réunissaient les Juifs du ghetto avant de les déporter vers le camp d’extermination de Balzec. Pour éviter tout affolement, les nazis leur disaient de prendre leurs affaires, qu’ils amenaient donc sur cette place, y compris leurs meubles. Au moment de partir à la gare voisine, évidemment, ils n’étaient autorisés à prendre que l’essentiel. C’est le pharmacien de la place, Tadeusz Pankiewicz, un non juif qui avait choisi de rester dans le ghetto et d’aider la population, et assisté à la liquidation et au départ de tous les Juifs, qui raconta le vide laissé sur la place après le départ de toutes les familles, et tous ces meubles laissés là, pêle-mêle… Aujourd’hui, la Place des héros du ghetto, comme elle se nomme désormais,  est parsemée de chaises, plus grandes que la normale, alignées sur la place et toutes tournées vers la pharmacie de l’Aigle, dont le propriétaire fut, après la guerre, proclamé « Juste entre les Nations »…

 

Nous continuons par un morceau (le seul restant) du mur d’enceinte du ghetto, puis nous dirigeons vers l’usine Schindler (cf le film de Spielberg, la liste de Schindler) qui se situe un peu plus à l'est, en dehors des limites du ghetto. Oscar Schindler, qui parvint à sauver une partie de ses travailleurs, a lui aussi été honoré du titre de « Juste parmi les nations ». L’usine est aujourd’hui transformée en musée. De nombreuses photos du tournage du film de Spielberg se trouvent dans l’entrée, puis les différentes salles retracent l’histoire de Cracovie avant l’invasion nazie, puis à la Libération, et pendant l’occupation soviétique…

 

Nous nous rendons au restaurant pour notre dernier repas sur le sol polonais, et en route pour l’aéroport !

C’est une routine maintenant ! Plus personne n’a peur : contrôles, derniers achats, embarquement, décollage… et nous voici de retour à Lyon, avec des souvenirs et une expérience inoubliables !

 

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